Les putschs et les manœuvres d’un ancien monde

Les putschs et les manœuvres d’un ancien monde

Article paru dans Boudu Magazine Toulousain mensuel de mars 2020.

Les maires valsent à l’ombre de Francazal

Cugnaux aura un(e) nouveau maire en mars.

Alain Chaléon, le maire centriste sortant, a en effet été contraint de renoncer en janvier à briguer un nouveau mandat par sa propre majorité municipale. Ce « putsh » interne a été orchestré de main de maître par Michel Aujoulat, l’ancien maire (LR) avec qui il s’était allié entre les deux tours en 2014.

L’unique maire MoDem de la métropole, qui bénéficiait pourtant du soutien de LREM, semble avoir été la victime collatérale du soutien de son parti à la liste dissidente présentée contre Jean-Luc Moudenc à Toulouse.

À Cugnaux, comme dans de nombreuses communes de la première couronne, les questions d’urbanisme sont sensibles. L’ancienne bourgade pavillonnaire, qui a dépassé la barre des 10 000 habitants dans les années 80, s’approchent désormais des 20 000 habitants. L’ancienne base aérienne de Francazal (200 hectares) est la véritable clé pour déverrouiller de nouveaux terrains à bâtir, inconstructibles à cause du bruit des avions.

L’ancien maire, Philippe Guérin, est tombé pour son soutien affiché au projet abracadabrantesque de studios de cinéma américain présenté par un architecte de la commune. Un nouveau projet tout aussi fou, sou- tenu par l’État, la région et Toulouse Métropole, lui a succédé. Il s’agit cette fois de construire une piste d’essai pour Hyperloop, une capsule « supersonique » qui circulerait sous vides dans des tubes d’acier. 

Michel Aujoulat confie qu’il ne croit pas un instant à un tel projet pour relier Toulouse à Montpellier en quelques minutes.

Marie-Hélène Roure, l’adjointe choisie par Michel Aujoulat pour mener la liste de la municipalité sortante qui s’est déchirée, promet la création de 1 200 emplois à Francazal autour des « transports du futur », nouvelle vocation affichée par Toulouse Métropole pour le deuxième aéroport de l’agglomération qui peine à décoller. La vente d’une parcelle de 38 hectares par l’État s’est miraculeusement débloquée fin janvier pour un peu plus de 4 mil- lions d’euros. L’État, qui en demandait plus de 9 millions, a consenti un rabais à cause des bombes héritées de la deuxième guerre mondiale qui trufferaient le sous-sol que Toulouse-Métropole s’engage à déminer à ses frais.

« C’est du cinéma » réagit Albert Sanchez. À la tête d’une liste cousine d’Archipel Citoyen à Toulouse, l’ancien élu socialiste a fait sensation en réunissant Pierre Cohen et Antoine Maurice lors de l’inauguration de son local de campagne. Adhérent de Génération.s, il compte bien devancer la liste officielle du PS conduite par Isabelle Rolland, conseillère départementale qui s’est alliée avec le parti communiste.

Philippe Guérin n’a pas voulu choisir entre les deux listes de gauche qui s’affronteront au premier tour.

L’ex-maire PRG a choisi d’apporter son soutien à Marie-Laure Burtin, une ancienne adjointe d’Alain Chaléon qui a quitté la majorité municipale en cours de mandat.

Une liste d’extrême-gauche, conduite par Lutte Ouvrière, est également annoncée tout comme une liste d’extrême-droite. Une première à Cugnaux.

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